L’histoire est méconnue. Il y a eu le passage de l’image moliéresque des corporations de chirurgiens à robe longue ou à robe courte à des professions distinctes de formation d’un niveau analogue ou simples « barbiers ».
Les enseignements sont faits sur le tas et l’activité pouvait être dans les faits proches de des précédents.
Elles se sont confondues à la Révolution française (loi d’Allard et le Chapelier) avec les autres corporations. La loi Ventôse à l’an IX, supprimant les corporations des sujets de même métier fixa pour un siècle les statuts professionnels.
On imaginerait mal aujourd’hui une révolution sociale et politique mettant à bas les fondements institutionnels de la profession médicale au point d’autoriser quiconque à se prévaloir du pouvoir et à se réclamer du droit de soigner.
Le libre accès au métier ne va pourtant pas sans poser de problème. Après l’abolition des corporations de l’Ancien Régime s’ouvre une période où une simple patente tient lieu de droit d’exercer pour n’importe quel métier. Mais la patente ne pousse pas la garantie la plus sûre du pouvoir thérapeutique.
Aussi fragile que puisse paraître la science du corps médical, et seule parfois supérieure à celle de tous les charlatans qui investissent le métier à la faveur de la nouvelle réglementation.
Tantôt poussés par une culture scientifique, l’émotion et l’indignation suscitées par leurs pratiques excentriques finissent par gagner du terrain dans la science collective et dans la sphère du Pouvoir. La nécessité d’épurer la profession s’affirme progressivement.
Il faudra pratiquement cent (100) ans pour que du libéralisme quelque eu sauvage de la période postrévolutionnaire de 1789, on en revienne à l’unification du corps sur la base d’une communauté de titre : doctorat.
Le premier temps de ce processus aboutira par la loi Ventôse, an XI (10 mars 1803) au rétablissement d’une définition de l’exercice légal de la Médecine selon un critère à partir du titre. Ce critère pose, pour pouvoir exercer, une réversion souple, puisque pour pouvoir exercer, les praticiens doivent détenir le doctorat de médecine ou encore un brevet officiel de santé. Ainsi aux longues études sanctionnées par le titre implique de doctorat s’opposent les études plus courtes ou moins académiques suivies par les officiers de santé.
Une loi de 1889 supprime tout intérêt à l’officialat dans la mesure où elle impose un service militaire de trois ans à tous ceux qui s’engagent dans cette filière, alors que les docteurs peuvent aisément effectuer qu’une année sous le drapeau.
En 1941, le Gouvernement de Vichy crée l’Ordre des Médecins. Dissout à la Libération, l’Ordre est réorganisé sous la 4ème République par l’ordonnance du 24 septembre 1947 qui précise :
Des adaptations en fonction de l’évolution de la science, de la mentalité et de la culture et du temps seront à la base des différents codes de déontologie français de 1955, 1975 et de 1995.